Le ludion

8 08 2008

Je ne suis plus mon maître tellement j’éprouve ma liberté. Il est inutile de rien entreprendre… Je suis le ludion de mes sens et du hasard… Tout me distrait indéfiniment, sauf de ma distraction même. Un sentiment comme de noblesse me pousse à préférer cet abandon à tout… Louis Aragon in Le paysan de Paris

Ce matin, à l’orée de mon songe, des chemins de traverse. Une route de campagne, emberryficotée, et le prétexte de ce blog sourd, ardent, simple, dans la pleine évidence de son propos. Les mots attendaient l’encre. Il aura suffi d’une heure. De mains qui réclamaient alcôve. De cornes tourbillonnantes à moi destinées. D’un arbre de Judée indifférent aux avanies de l’orage. Ce matin, le désir comme une retenue collinaire. Le frottement en ex-voto. Les caprices venteux d’un entrebâillement et les râles métronomiques de ceux qui s’y cèlent. Aujourd’hui, il pleuvra sur Nevers.

Dont acte.