Last but not least

7 09 2008

Item, la bande dessinée “Hiver”, conçue par Jonvon Nias, est parsemée de haïkus. Celui-ci, comme tous les autres est extrait de Haïku – anthologie du poème court, chez Gallimard. Il est de Takahama Kyoshi :”Déjà je l’imagine Tombant sur mon cadavre, La neige.” D’autres sont plus triviaux. Ainsi, celui de Masaoka Shiki : “Il chie, Le chat errant, Dans le jardin tout blanc.” Ou encore celui de Kobayashi Issa : “Ce trou parfait Que je fais en pissant Dans la neige à ma porte.” Je ne parlerai plus de Boule de Neige.

Un souvenir de ce matin achoppe, outre deux rêves dont j’eus une prégnance totale à mon réveil puis plus rien ensuite. Nous parlions avec Je. de L’année dernière à Marienbad. Ai très envie de le revoir. 

Dormir autant. Comment cela se peut-il ?





Birgit et Monsieur Neige

7 09 2008

Oh, ça va prendre l’air outré, hein ! Et vazy que je frime avec mes couleurs de mauvais goût. Avec mon parfum. Faudrait leur dire aux géraniums que les années 80 c’est fini ! Qu’ils changent leurs gammes de pétasse. Enfin, je parle des fleurs, mais le reste, c’est pas mieux, hein ! Et que je reste au soleil en attendant que ça me tombe tout rôti, la chlorophylle ! Même pas capable de se reproduire tout seul ! Il leur faut des abeilles… Pendant que les autres triment comme des cons et après ça s’étonne ! Birgit à un marguerite prénommée Marguerite et parlant par la voix de son interprète, un jardinier aimable. Phylactères dénaturés extraits de “Une neige nommée désir” in Boule de Neige – dernière histoire

Totalement délirant. Une publiciste, Birgit, perd son job pour avoir fait compagne promouvant la sauvegarde de la boule de neige. Des émissaires la consolent mais elle les envoie paître. Quand soudain, Monsieur Neige décide d’envoyer son dernier atout : une boule de neige qui se métamorphose en Nikola Hullow et qui fait frshh à chaque fin de mot. Ne dis rien de la fin mais tout y est jubilatoire.

Douche voulue chaude, prise brûlante. Cheveux à la diable. C. lové comme une cédille sur les pages froissées d’un lit qui espère.





La langue de Björk

7 09 2008

Je suis exténuée du désir d’Hélène Lagonelle. Je suis exténuée de désir. Je veux emmener avec moi Hélène Lagonelle, là où chaque soir, les yeux clos, je me fais donner la jouissance qui fait crier. Je voudrais donner Hélène Lagonelle à cet homme qui fait ça sur moi pour qu’il le fasse à son tour sur elle. Ceci en ma présence, qu’elle le fasse selon mon désir, qu’elle se donne là où je me donne. Ce serait par le détour du corps d’Hélène Lagonelle, par la traversée de son corps que la jouissance m’ar­riverait de lui, alors définitive. De quoi en mourir. M.D. in L’Amant

Vu Je. ce matin au Papillon. C’était bon de la sa-voir de nouveau. Deux cafés plus tard, nous devisions encore. Hier la soirée fut agitée, livrée à des exactions éthyliques qui ne furent pas mon fait. Nous buvions à l’envi. A tu et à toi. Traduction, Dieu, sexe, Pouilly, soirée ineffante quoique-parce qu’imprévue. Je m’éveillai. Lors que nous nous rendions à mon huis, Je. et moi vîmes de la fumée jaillir affolée d’un appartement alentour. La fontaine ressemblait à une grappe immonde dont les badauds agglutinés seraient les fruits trop mûrs – poussant l’indécence à filmer l’innommable. Un Subway a remplacé Kantina près de la Place de la Contrescarpe. H. en homme-sandwich. “Ces fraises m’émeuvent.”

C. rentré de banlieue où s’achevait la noce. Continue et finis Boule de Neige. De très belles planches, à la troisième B.D. intitulée Sérendipité. Le terme “zemblanité” est aussi utilisé. Un chat cherche pour trouver par hasard. Il trouvera un serpent magique mais ratera sa chance. Le noir et le blanc s’abouchent pour mieux blesser les personnages. Des scies, des bombes tombant de palmiers trop gorgés d’encre. Et partout du blanc, la boule de neige comme un projectile inefficace. Invitango par Brigitte Bardot. “Et puisque le tango t’engage pour toujours à me reconnaître… Entre dans mon amour, je t’argentinerai jusqu’au lever du jour pour voir le pays qui te plait. Le tango seul est responsable de ce beau voyage inoubliable.” J’ai des yeux d’ara. Mais la feuille de songe sur le corps de ma septentrionale nuit d’ivresse cèle avec candeur la gibbosité de mes pensers.

La voix de L.V.D. en interlude. La parturition est belle.

Fini le visionnage de The Taste of Tea. C. dort. Hors l’hommage rendu au Goût du saké d’Ozu, le film m’a fait penser à Little Miss Sunshine. Mêmes personnages sortant du convenu, drôlatiques, extasiés, contemplatifs dans la hâte, à fleur de tout. De tournesols. L’oncle, le grand-père et la petite fille, encore. Les forces du Météore. Cérémonial. Le thé comme un liant tenace, sûr, incomparable. Heavy metal. Yamayo, yamayo, yamayo ! (bis). Ô montagnes ! Un train traverse le crâne du jeune garçon. Son vélo à trois cycles. Les montagnes pour seuls yeux. Quelque chose du Dormeur du Val, de The Million Dollar Hotel. Et la différence essentielle qui sourd, limpide, entre savoir montrer et montrer, simplement montrer et dire. Sans autre effet que la nue propriété d’une voix qui se love. Les lignes parallèles d’un pont seront écrasées par des diagonales télégraphiques. Lunules électriques des réverbères. De la pluie sur les sentes du désir naissant. Le go. Shan Sa. Prendre le temps d’épuiser l’enthousiasme, de morceler pas à pas les visages difformes de plaisir des protagonistes. Mort et thé sont mêmes. Ils ne laissent qu’une fragrance insoutenable à ceux qui demeurent. Et les mots de Samuel Butler comme une épée trop lourde : “Nous aurons perdu jusqu’à la mémoire de notre rencontre. Pourtant nous nous rejoindrons, pour nous séparer et nous rejoindre encore, là où se rejoignent les hommes trépassés : sur les lèvres des vivants.” En guise d’épilogue : des ciels. Zinzolins.