Dura lex sed lex !

14 03 2009

Depuis le début, il n’y a personne pour lui dire que ça pue, soustend affleure et crève par os brisés la surface de peau rêche parchemin, et par vaux dont celui-ci est le plus perdu, la mort. Tout ce qu’il a : ouvert la porte, posé ses deux sacs kaki devant la cheminée ou sur la table, ouvert les volets. La lumière s’est précipitée pour occuper son regard, en fines particules, poudroiement, il n’aurait pour recul que la longueur de la pièce, ou serrer les prunelles entre les paupières, pour reprendre l’image dissoute dans son propre grain, le paysage. Didier Pemerle, Il tombe, incipit, Hachette, 1979.

Qu’un grand amour te : bandelettes. , id., p.13.

J’aurais dû aller à un cours alternatif rue des Petits-Champs, après l’exposition Controverses (n’ayez crainte, j’irai) à la BNF, sise en la même rue. Le dit cours était, selon le site qui référence les cours alternatifs à Paris III, une “causerie publique prolongeant le questionnement de la valeur historique de la prise de vues, soulevé par l’excellente exposition de photographies Controverses.” M’y suis rendu, tout tergiversant. J’avais peur du “cours alternatif”. Au final, J., son message salvateur m’annonçant un procès fictif sur la Place de la Sorbonne.

Il m’apporte Il tombe de Didier Pemerle. En épigraphe. Je dirai. Merci J. D’ailleurs, pas une page digne de ce nom concernant Pemerle sur Google, aussi bien en tant que traducteur qu’écrivain.

De revenir de la Rue Thérèse au Reflet,  à la Sorbonne, les bassins en eau, et le procès-défouloir des “traîtres au savoir et à l’esprit critique”. Empruntant au Tribunal des Flagrants Délires, des professeurs de Paris I encapuchonnés ont patiemment démantelé le discours interlope des accusés : Nicolas S., Xavier D. et la non moins mystérieuse Valérie P. – grâces soient rendues au drag queen mémorable dont l’écharpe nonchalamment posée sur un tailleur trop étroit a pour jamais engeôlé ma libido. Un regret : pas de rallonge pour brancher les micros – certains réquisitoires étaient difficiles à suivre. Passons. Darcos ressemblait à Dati enceinte et poivre-et-sel. Pécresse, quant à elle, répondait à toutes les chefs d’accusation en chantant (certain coffre et coffre certain pour couvrir les “Pécresse-traîtresse ! A la fosse Darcos ! Sarkozy, il est petit !” de l’assemblée) : Les Demoiselles de Rochefort vibrent encore. La capeline du parquet ajoutait au solennel. Je pense les raisons du procès connues. Adonc, les chefs et la sentence : attendu que. Coupables d’assassinat sur une vieille dame, complot, parjure, outrage, et sq., les trois comparses ont écopé de peines adéquates : Pécresse fut poignardée par le bourreau en cycliste (qui lui avait délicatement retiré sa veste et son écharpe), Darcos fut flagellé et hué. Quant à Sarkozy, – le Suprême Instigateur, dont le côté Guignols de l’Info est renforcé par les mouvements d’épaules de la comédienne – il fut condamné non seulement à voir ses deux Rolex et ses Ray-Ban passer à la question mais aussi, après avoir été fouetté par des aboyeurs munis de pompons, à la réclusion perpétuelle, dans les cachots de la Sorbonne, avec la Princesse de Clèves – incarnée pour l’occasion par une étudiante – qui lui lirait La Princesse de Clèves jusques à la fin de fins.

Salves. Mains jointes. Mécanique du contentement. Danse macabre. Conjoyons tous ! Impression douce-amère : oui, c’était juste, bien senti, mais reprendre les blagues éculées de la règle de trois, de Carlita ou des montres dispendieuses, est-ce si drôle ? De Desproges, pas, encore que le parquet. Décidément, les cours alternatifs, non. Tout comme les actions des pleureuses ou de qui vend son savoir et son temps de cerveau disponible sur les marchés de Monge et Mouffetard.

Pour citer Alice, WTF ?!

SDDS.