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	<title>Demavouz Masikrokaz</title>
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		<title>Demavouz Masikrokaz</title>
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		<title>Just you and me</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Nov 2009 20:09:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>infundibuliforme</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#8220;A la tienne pépère, dit cordialement au travesti cosmonaute la momie aux beaux yeux du cinématographe. C&#8217;est dans un bar un peu suffocant où plane la poussière dorée de fin d&#8217;après-midi. Les cocktails sont meurtriers, frappant comme des poignards. La sueur fait briller les fards du jeune monstre et de la diva longue et surfine [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=infundibuliforme.wordpress.com&blog=4447122&post=539&subd=infundibuliforme&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><blockquote><p>&#8220;A la tienne pépère, dit cordialement au travesti cosmonaute la momie aux beaux yeux du cinématographe. C&#8217;est dans un bar un peu suffocant où plane la poussière dorée de fin d&#8217;après-midi. Les cocktails sont meurtriers, frappant comme des poignards. La sueur fait briller les fards du jeune monstre et de la diva longue et surfine qui fait glisser en pluie ses bracelets le long de son bras transparent. Dehors, sur le trottoir, luisent des palmiers et des chênes, les laborieux rentrent au bercail, les carrosseries fabuleuses d&#8217;américaines ou d&#8217;allemandes lancent leurs éclats. Ils sont seuls pour l&#8217;instant dans le bar, Toni pour lui, ou Annouchka, Stella Maelström pour elle. Syrienne elle est, malgré les douces mèches incolores qui casquent sa tête petite et ronde, malgré ses yeux d&#8217;amande verte où perle de l&#8217;or pur. Lui, diable anguleux et soyeux, est de partout comme d&#8217;ici, fixé ici pendant les longues périodes d&#8217;entraînement et de nuits spectaculaires. Depuis cette boîte cuivre et noir une semaine auparavant, ils sont fous l&#8217;un de l&#8217;autre, collés par l&#8217;ivresse et la spirale sorcière du chaos. Grouillant dans l&#8217;inconnu étourdissant, lui, trouble comme ces anges pourris de la nuit et de la merde, elle, exsangue, indemne depuis vingt ans, fiévreuse, exhibitionniste jusqu&#8217;au sexe à peine effleuré d&#8217;une toison de fillette. Leurs bouches, l&#8217;une rouge et charnue, l&#8217;autre moelleuse et dure au regard, se mordent dans de longs accolements de papillons, de crapauds. Depuis huit jours, accompagnés de fantômes, dans un entassement de linge, une forêt de bouteilles, d&#8217;écorces d&#8217;orange, de mégots, ce sont des empoignades frustrantes, de longs mixages délirants, des hébétudes, des frénésies. Ils se haïssent, se repoussent, dégoulinent de tendresse. Toni &#8220;Annouchka&#8221; Laos n&#8217;a jamais connu de femme, elle jamais d&#8217;homme.</p>
<p>&#8220;Pour qui as-tu repris ton masque ? lui demande-t-il brusquement, tout au souvenir de ce souple visage d&#8217;enfant animé par la soif de lui et d&#8217;elle-même.</p>
<p>- Pour qui t&#8217;es-tu remaquillé ? interroge-t-elle à son tour, l&#8217;œil fendu allumé d&#8217;un feu mauvais. Tu as l&#8217;air d&#8217;une cantatrice astiquée pour l&#8217;arène, tu as aussi l&#8217;air d&#8217;une putain malade. Il crie : Non, pas malade, c&#8217;est toi qui es malade avec cet air de nonne évanouie, de chat couvant sa rage, cet air d&#8217;épouvantail.&#8221; Lèvres tordues, elle fait le geste d&#8217;écraser son cigarillo sur son poignet pâle, à peine plus fin que son poignet à lui. Il la gifle.</p>
<p>&#8220;Valseuse, siffle-t-elle, cul sec, carnaval. Incapable de voir une vache dans un couloir. Tu as une cerise à l&#8217;eau-de-vie dans le crâne, tu me dégoûtes, avec ta bouche de plaie ouverte, retourne te faire enculer par tes marins d&#8217;eau douce, dans ta fusée en phallus de merde.</p>
<p>- Va te faire exciser, pouffiasse, dans ton pays de connards.</p>
<p>- Fœtus, crache-t-elle, en lui balançant son talon dans les parties. Il renverse la table, attrape son canif et lui en plante la lame la plus fine dans les côtelettes. Elle est tombée, elle est un petit tas de plumes par terre, sa tunique en mailles fines saigne et ses jambes ivoire sont nues. Il contemple, hébété. Puis gueule : &#8220;Au secours ! L&#8217;ambulance ! Mon cœur&#8230; Mon petit chat&#8230; Bande de cons ! L&#8217;ambulance !&#8221;</p>
<p>Brigitte Fontaine,<em> La Limonade Bleue</em>, L&#8217;écarlate Éditions, 1997. incipit.</p></blockquote>
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		<title>De dömdas Ö, 1946</title>
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		<pubDate>Tue, 03 Nov 2009 10:16:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>infundibuliforme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Konfitüre]]></category>
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		<category><![CDATA[île des condamnés]]></category>
		<category><![CDATA[dagerman]]></category>

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		<description><![CDATA[&#8220;Ahahah ! Sans pouvoir bouger un seul membre pour s&#8217;y opposer, un gémissement, une série de gémissements, des cadences de gémissements sans début ni fin se déchaînèrent en secousses douloureuses qui lui frappaient le diaphragme, lui déchiraient la poitrine, lui brûlaient la gorge, se forçaient un chemin au-delà de sa langue. Où donc allaient-ils ? [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=infundibuliforme.wordpress.com&blog=4447122&post=537&subd=infundibuliforme&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><blockquote><p>&#8220;Ahahah ! Sans pouvoir bouger un seul membre pour s&#8217;y opposer, un gémissement, une série de gémissements, des cadences de gémissements sans début ni fin se déchaînèrent en secousses douloureuses qui lui frappaient le diaphragme, lui déchiraient la poitrine, lui brûlaient la gorge, se forçaient un chemin au-delà de sa langue. Où donc allaient-ils ? Soudain un son éclata autour de lui, un son plein qui en quelque sorte le soulevait, l&#8217;inondant de toutes parts, coulant dans ses oreilles, brûlant et excitant comme la vapeur d&#8217;une baignoire; des courant sous-marins l&#8217;entraînaient doucement à travers des canaux dilatés, son corps léger comme un émerillon tournoyait lentement sous la moindre impulsion, et tout le temps il sentait sur sa peau la légère pression gantée du son maintenant plus aigu des doigts hésitants et insistants tendaient sa peau qui chatoyait comme une membrane dans la lumière piquante de la verdure du canal, ses nerfs étaient douloureusement enroulés autour de trois doigts cruels et plongés dans l&#8217;eau courante glacée, il était comme épluché vivant jusqu&#8217;au coeur du noyau &#8211; et là-dessus, il s&#8217;éveilla sur le petit pré habituel du rêve de la soif.&#8221; (p.12)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&#8220;Déshabille-toi, dit le père à l&#8217;enfant, mets-toi tout nu, pose tes vêtements sur la peau d&#8217;ours, penche-toi en avant comme le misérable ver que tu es, les jambes légèrement écartées le dos tourné à la porte, la tête aussi près que possible du plancher, la crinière doit pendre, comme ça tu ressembleras à un lion.</p>
<p>Il déroule la lanière du fouet qui n&#8217;en finit pas, tourne encore une fois la clé dans la serrure, les pas effrayés des domestiques s&#8217;arrêtent derrière la porte. Puis s&#8217;écoule une minute de silence, et brusquement on entend le roulement des voitures sous les voûtes, les chevaux hennissent, un charretier chante une chanson, lentement la lanière se détend sur le plancher et rampe comme un serpent vers l&#8217;enfant terrifié, au corps blanc comme de l&#8217;ivoire. Enfin la lanière se lève sur l&#8217;ordre de son maître, mais s&#8217;enroule autour d&#8217;un chadelier d&#8217;argent qu&#8217;elle projette violemment à travers la pièce.</p>
<p>- Reste tranquille, maintenant, joins les mains sur tes genoux, tends le dos pour me donner meilleure prise.</p>
<p>Le fouet siffle de nouveau, et soudain un canal rouge qui va de l&#8217;épaule de l&#8217;enfant jusqu&#8217;à sa hanche gauche est creusé en travers de toute cette blancheur.&#8221; (p.19)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&#8220;Des fragments de rêve voltigeaient à la surface; il était agenouillé et vivait éveillé tout ce qui lui était arrivé en rêve. Pendant ce temps, le flotteur rouge &#8211; maculé du sang d&#8217;un poisson géant &#8211; émergeait doucement de la mer avec d&#8217;infinies précautions, comme si le pêcheur invisible désirait à tout prix ne pas effrayer sa proie. La soif, pensait Lucas Egmont, tout est soif. La culpabilité, la peur, le remords, la cruauté, le mensonge, tout est soif, la fuite, la dégradation, les exploits, le désir d&#8217;être ensemble, tout n&#8217;est que soif.</p>
<p>Doucement renversé sur le dos par cette certitude, il vit soudain la surface ridée de la mer se tendre comme un drap de pompier en une immense quiétude bleue sous le soleil équilibriste qui se tenait encore rouge et ventru sur le sol et levait les yeux vers l&#8217;échelle et la corde. La soif, pensait-il, la soif autour de laquelle tout tourne, le seul point fixe dans un univers soluble, où étions-nous sans la soif &#8211; comme l&#8217;hôte unvité pour la première fois à diner et qui, embarrassé par le trop grand salon, ne sait quoi faire de ses mains.</p>
<p>Parce que la soif est la seule chose sûre, pensait-il, je peux encore vivre pendant un temps : pas pour l&#8217;étancher, non, mais pour l&#8217;entretenir, car si je perds la soif, que restera-t-il ?</p>
<p>Et entre l&#8217;aube et le matin, le rêveur qui est en chacun de nous et qui est le plus cynique de tous l&#8217;aida à fuir sur des coursiers rapides, loin de tout ce qui l&#8217;avait jusqu&#8217;alors poursuivi : la faute de son enfance au château et sa faute à la banque, la crainte de tout ce qui voulait le forcer à agir, le remords de s&#8217;être réfugié dans l&#8217;univers des diaphragmes et de la truite ensorcelée. Que te reste-t-il d&#8217;autre, pensait-il, sinon d&#8217;entretenir ta soif ? Si tu veux être mis en pièces par les choses sans importance, alors, bois !</p>
<p>Soudain de blancs nuages s&#8217;élevèrent de l&#8217;intérieur de l&#8217;île &#8211; c&#8217;étaient les seuls oiseaux de l&#8217;île, des sortes de mouettes muettes au cou dénudé, au bec rouge et crochu et au vol silencieux. Pris d&#8217;angoisse, il se souvint alors des minutes fiévreuses autour des bidons enterrés, des bousculades, des piétinements, de l&#8217;instant, de jouissance suprême quand le liquide inondait le palais, et de l&#8217;interminable torture qui suivait, quand il fallait rendre compte de tout; pourquoi avait-il trompé la banque, abusé ses patrons de façon éhontée et pourquoi avait-il fui avec l&#8217;argent longtemps caché ? C&#8217;était comme un véritable onanisme : une heure d&#8217;exquise tentation, une minute où tour cédait devant les délices de la douleur, un jour de repentir et de perfides embûches.&#8221; (pp.32-33)</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Stig Dagerman, <em>LÎle des condamnés</em>, chapitre premier, &#8220;Soif de l&#8217;aube&#8221;, traduit du suédois par Jeanne Gauffin, Denoël, 1972</p></blockquote>
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		<title>Bodeln, 1933 &#8211; sample 1</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Nov 2009 22:34:24 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[&#8220;&#8221;Vous déciderez-vous enfin à jouer ? cria un monsieur blond et sympathique, qui dirigeait son browning vers leur cachette.
- Non ! beuglèrent les Noirs.
- Mais nous avons un autre orchestre ! cria quelqu&#8217;un, essayant de rétablir un peu de calme. Nous en avons un autre !
- Au diable cette sentimentalité ! Ceux-ci doivent jouer ! [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=infundibuliforme.wordpress.com&blog=4447122&post=534&subd=infundibuliforme&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><blockquote><p>&#8220;&#8221;Vous déciderez-vous enfin à jouer ? cria un monsieur blond et sympathique, qui dirigeait son browning vers leur cachette.</p>
<p>- Non ! beuglèrent les Noirs.</p>
<p>- Mais nous avons un autre orchestre ! cria quelqu&#8217;un, essayant de rétablir un peu de calme. Nous en avons un autre !</p>
<p>- Au diable cette sentimentalité ! Ceux-ci doivent jouer ! Debout, les singes !&#8221;</p>
<p>On les arracha de leur abri et le fracas recommença, pire qu&#8217;auparavant. Ce fut un tohu-bohu insensé. Des objets volaient de tous côtés comme des projectiles mortels, de petits hommes se tenaient debout sur des chaises et criaient. Les Noirs furent pourchassés dans toute la salle.</p>
<p>&#8220;Voyons, que diable ! Nous sommes pourtant civilisés !&#8230;</p>
<p>- Quoi ! Si tu répètes ces paroles, je te descends !</p>
<p>- Civilisation &#8211; fi ! &#8220;</p>
<p>Un grand gaillard noir, probablement celui qui avait donné un coup de poing, s&#8217;élança comme un possédé, renversa tout à coups de pied sur son chemin et distribua des knock-out meurtriers à gauche et à droite, jusqu&#8217;à ce qu&#8217;il fût abattu par un coup de revolver bien dirigé. La main pressée sur son coeur, il tomba avec une sorte de grand rictus sans expression. Les autres rassemblèrent leurs forces dispersées et, agrippant des chaises en guise d&#8217;armes, fendirent le crâne de ceux qu&#8217;ils pouvaient atteindre. Jusqu&#8217;au moment où ils tombaient, ils luttaient dans une rage aveugle, le blanc de leurs yeux brillant de haine.</p>
<p>[...] Et les Noirs jouèrent. Les yeux injectés de sang, les mains et les visages injectés de sang, ils jouaient comme des forcenés. C&#8217;était une musique comme on n&#8217;en avait jamais entendu, folle, terrifiante, qui faisait songer à des cris nocturnes dans la jungle ou au tonnerre des tam-tams quand les tribus de la forêt vierge se réunissent après le coucher du soleil. Au premier rang se tenait un Noir géant. Les dents serrées, il battait du tambour comme un possédé, le sang coulait le long de son cou d&#8217;une blessure béante à la tête et sa chemise déchirée était toute rouge. De ses grands poings ensanglantés il frappait plus fort; les autres instruments se fondant avec le sien, on aurait dit un seul hurlement inarticulé.</p>
<p>Magnifique ! Magnifique ! Les Blancs dansaient, sautaient et bondissaient au rythme de cette musique. On dansait partout dans l&#8217;immense local &#8211; c&#8217;était comme un chaudron de sorcière aux vagues bouillonnantes.</p>
<p>[...] Les femmes rayonnaient de désir et de beauté; elles jetaient des coups d&#8217;œil ardents sur le grand Noir ensanglanté et glissaient la jambe entre celle de leurs cavaliers : les hommes se serraient nerveusement contre les bas-ventres, excités par les regards et par les revolvers encore chauds qui ballottaient sur leurs dos comme un membre viril supplémentaire&#8230;&#8221;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Pär Lagerkvist, <em>Le Bourreau</em>, traduit du suédois par Marguerite Gay et Gerd de Mautort, Stock, Bibliothèque cosmopolite, 1997</p></blockquote>
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		<title>Adventa, 1937</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Nov 2009 21:59:49 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[&#8220;Ils avaient presque atteint leur gîte pour la nuit et ils luttaient, Benedikt, Roc et Leo, pour gravir la colline qui menait à la ferme. Les bâtiments étaient situés sur un terre-plein niché dans le cirque des pentes montagneuses. Les pâturages étaient protégés du vent et recevaient le soleil dès qu&#8217;il reprenait force, au printemps. [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=infundibuliforme.wordpress.com&blog=4447122&post=532&subd=infundibuliforme&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><blockquote><p>&#8220;Ils avaient presque atteint leur gîte pour la nuit et ils luttaient, Benedikt, Roc et Leo, pour gravir la colline qui menait à la ferme. Les bâtiments étaient situés sur un terre-plein niché dans le cirque des pentes montagneuses. Les pâturages étaient protégés du vent et recevaient le soleil dès qu&#8217;il reprenait force, au printemps. Benedikt poussa un profond soupir. C&#8217;était fini pour aujourd&#8217;hui. Il se retourna et regarda le chemin parcouru. Sa main reposait sur une des cornes du bélier et il sentait monter la chaleur de l&#8217;animal; de l&#8217;autre côté, Leo remuait la queue. Ils se tenaient ainsi, et le temps semblait immobile; une atmosphère de sainteté flottait autour d&#8217;eux. Le berger n&#8217;imaginait pas pour autant que les cieux allaient s&#8217;entrouvrir, mais il y avait sûrement une petite faille. Non, il n&#8217;était pas seul. Pas complètement abandonné. Il regardait autour de lui, faisait sien tout ce que son regard embrassait. L&#8217;obscuité envahissait la campagne et la lune se devinait derrière les nuages, et les nuages étaient pareils à des montagnes de glace flottante, aussi réelles que celles qui pâlissaient à l&#8217;horizon. Un soir comme celui-ci, avec le lac gelé recouvert de neige, la terre paraissait plus plate que d&#8217;habitude. Et, au milieu de cet univers livide, presque fondu dans l&#8217;obscurité, un homme se tenait avec ses amis les plus proches, Roc le bélier et le chien Leo. Cet univers était le sien. Le sien et le leur. Il était un  élément de cet univers. Il pouvait le toucher de ses mains. L&#8217;atteindre avec ses yeux, sa pensée. Sans doute n&#8217;en avait-il pas conscience, pas plus qu&#8217;il n&#8217;avait remarqué qu&#8217;il s&#8217;était arrêté et qu&#8217;il restait là, immobile, à regarder au loin. D&#8217;habitude, il quittait la ferme de Botn longtemps avant l&#8217;aurore et, quand le jour se levait, il était déjà haut dans la montagne. Il ressentit tout à coup une sorte de vide intérieur, une nostalgie bizarre qu&#8217;il aurait été bien en peine de définir ou d&#8217;expliquer. Etait-ce parce qu&#8217;il abandonnait, pour quelques jours, les terres habitées ou parce que, chaque fois qu&#8217;il les quittait, il pensait au jour il devrait s&#8217;en séparer à jamais ? L&#8217;homme s&#8217;accroche à ce qu&#8217;il est, à ce qu&#8217;il possède, jusqu&#8217;à la tombe. Il redoute de perdre la vie &#8211; réalité des réalités, fragilité des fragilités. Il craint la solitude qui est la condition même de son existence. Il a peur d&#8217;être oublié des autres et peut-être de Dieu. Maigre consolation : si tout se passe bien, il a des chances d&#8217;être enseveli dans sa terre, ancré là pour l&#8217;éternité. De l&#8217;au-delà, il espère bien avoir vue sur son coin. Impossible qu&#8217;il en soit autrement.&#8221;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Gunnar Gunnarsson, <em>Le Berger de l&#8217;Avent</em>, traduit de l&#8217;islandais par Gérard Lemarquis et Maria Gunnarsdottir, Arléa, avril 1998</p>
<p>&nbsp;</p>
</blockquote>
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		<title>Ensam</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Nov 2009 21:27:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>infundibuliforme</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#8220;Alors je marche dans les rues au milieu de la foule et j&#8217;ai l&#8217;impression d&#8217;être l&#8217;ami de tous. Mais si quelque chose va de travers, je ne vois que des ennemis aux regards méprisants et, de temps en temps, leur haine est si forte que je dois rentrer. Si je me dirige vers le paysage [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=infundibuliforme.wordpress.com&blog=4447122&post=530&subd=infundibuliforme&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><blockquote><p>&#8220;Alors je marche dans les rues au milieu de la foule et j&#8217;ai l&#8217;impression d&#8217;être l&#8217;ami de tous. Mais si quelque chose va de travers, je ne vois que des ennemis aux regards méprisants et, de temps en temps, leur haine est si forte que je dois rentrer. Si je me dirige vers le paysage de Brunnsviken et les collines de chênes autour de Rosendal, il se peut que la nature s&#8217;accorde à moi et je m&#8217;y sens alors comme dans ma peau.  Ce paysage, je l&#8217;ai fait mien, j&#8217;y ai poussé mes racines et j&#8217;ai réussi à en faire le fond de ma personne. Mais lui aussi il a des sautes d&#8217;humeur, il y a des matins où nous ne sommes pas d&#8217;accord. Alors, tout est changé, les arcs de triomphe des bouleaux sont devenus des broussailles, les tonnelles enchantées des noisetiers brandissent leurs bras noueux et menaçants au-dessus  de ma tête et je les sens comme un joug ou un collier autour de mon cou. Ce désaccord avec mon paysage crée en moi une tension telle que je suis sur le point d&#8217;éclater et cherche à m&#8217;enfuir. Et lorsque je me retourne et que je vois la rive sud avec tout le splendide profil de la ville, j&#8217;ai l&#8217;impression de me trouve en terre ennemie, et d&#8217;être moi-même un touriste qui voit ce spectacle pour la première fois, abandonné comme l&#8217;étranger qui ne connaît personne dans ces murs.</p>
<p>Cependant, une fois rentré et installé à mon bureau, je vis; les forces que j&#8217;ai puisées dehors, soit au disjoncteur des discordances soit à l&#8217;interrupteur des harmonies, me servent maintenant pour de multiples buts. Je vis et je vis autant e vies que je décris d&#8217;hommes, je suis gai avec les gais, méchant avec les méchants, bon avec les bons, je m&#8217;extraie de ma propre personne et je parle par la bouche des enfants, des femmes et des vieillards , je suis roi et mendiant, je suis le plus haut placé, le tyran, et son adversaire le plus méprisé, le plus opprimé, j&#8217;adhère à toutes les opinions et à toutes les religions, je vis dans tous les siècles et j&#8217;ai moi-même cessé d&#8217;exister. C&#8217;est un état de bonheur indescriptible.&#8221;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>August Strindberg, <em>Seul</em>, traduit du suédois par Helen et Hervé Coville, Mercure de France, 1967.</p></blockquote>
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		<title>Le peintre et le pirate</title>
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		<pubDate>Fri, 14 Aug 2009 16:22:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>infundibuliforme</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[&#8220;Les contrepoids tombent, la charpente grince et, au même instant, les corps des condamnés se balancent en l&#8217;air. Hagards, les prêtres courent vers les champs, tandis que jugent et officiels leur emboîtent le pas. Pieusement, la foule baisse le front jusqu&#8217;à terre. L&#8217;indignation descendue le matin même des montagnes et des bois, portée par les [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=infundibuliforme.wordpress.com&blog=4447122&post=527&subd=infundibuliforme&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><blockquote><p>&#8220;Les contrepoids tombent, la charpente grince et, au même instant, les corps des condamnés se balancent en l&#8217;air. Hagards, les prêtres courent vers les champs, tandis que jugent et officiels leur emboîtent le pas. Pieusement, la foule baisse le front jusqu&#8217;à terre. L&#8217;indignation descendue le matin même des montagnes et des bois, portée par les ailes frémissantes du vent, tournoie désormais au sommet de la colline, et d&#8217;une main enragée catapulte l&#8217;orage. Les nuages descendent et s&#8217;entrechoquent, tels d&#8217;énormes navires lâchés sans capitaine dans une tempête prodigieuse, tandis que la foudre et les éclairs sabrent la colline. La pluie tombe à grosses gouttes. Déchaîné, le vent traîne les vivants, balance les pendus, et voici la potence du second qui s&#8217;effondre, sabrée par la foudre. Tombé dans la boue, le second regarde le ciel. A la lueur des éclairs, ses orbites sans sourcils donnent à ses yeux bleus grands ouverts un reflet de marbre glacé. En le quittant, la vie a laissé sur son visage une dernière empreinte, une expression inhabituelle de surprise enfantine. Quelque chose de semblable est également gravée sur le visage des autres pendus, comme si la surprise eût été leur ultime impression à la frontière entre la vie et la mort. Mais d&#8217;où leur vient cette surprise ? Nul ne le saura jamais. Le secret, ils l&#8217;ont emporté avec eux, ces pauvres fous, et il voyage peut-être en ce moment dans l&#8217;infini&#8230;</p>
<p>Quand toute la foule eut quitté la colline, derrière les clôtures et les pierres apparurent les visages terrifiés des fuyards. Couverts de boue, lamentables, les cheveux mouillés collés sur le front, ils fixèrent des yeux les potences et, fascinés par le spectacle de la colline, se mirent à l&#8217;escalader en trébuchant. Quand ils se retrouvèrent enfin devant les pendus, ils tressaillirent jusque dans l&#8217;âme et durent se soutenir mutuellement. La vue du second allongé dans la boue leur coupa les jambes. Tombant violemment, la pluie frappait avec obstination leurs têtes nues, et les sifflements du vent qui se déchirait dans les charpentes et les cordes piquaient leurs oreilles de mille fines aiguilles, tel un intolérable supplice chinois. Brisée de terreur, leur âme sombrait dans les visions. Ils virent à la lueur des éclairs des formes nébuleuses et furent soudain cernés par des voix étranges, terribles, portées en son sein par le vent depuis l&#8217;au-delà. Ils chancelèrent. Leurs yeux s&#8217;allumèrent d&#8217;éclats surnaturels. Le second, allongé dans la boue, se redressa d&#8217;un coup, leva le bras en une malédiction terrifiante, et au même instant ses orbites se couvrirent de sourcils. Ils poussèrent un cri déchirant et tombèrent inanimés sur le sol boueux. Le mercenaire scandinave resta seul debout &#8211; c&#8217;était d&#8217;ailleurs le seul à ne pas avoir perdu son chapeau. Mais quand il vit autour de lui ses camarades allongés dans la boue, son âme primitive, récemment initiée à la civilisation, eut grand-honte de la vigueur de son corps. Il jeta son chapeau, ramassa une pierre et la laissa tomber sur sa tête. Si bien qu&#8217;il perdit connaissance lui aussi. Alors l&#8217;indignation descendue ce matin-là des montagnes et des bois s&#8217;en retourna, fourbue, et se cacha dans ses foyers, cédant la place à l&#8217;arc-en-ciel.</p>
<p>Tout cela se passait vers l&#8217;an mil cinq cent, ou mil six cent, ou mil sept cent. Quand exactement, cela n&#8217;a guère d&#8217;importance, et d&#8217;ailleurs nous n&#8217;en savons rien.&#8221; pp.103-6</p>
<p>Còstas Hadziaryìris in <em>Le Peintre et le Pirate</em>, traduit du grec par Michel Volkovitch, Le Serpent à plumes, collection motifs.</p></blockquote>
<p>Merci Maëlle pour ce livre de conversions. Pour le dire dans un style FB, &#8220;I like&#8221;, ou mieux, &#8220;Become a fan&#8221;. <a href="http://www.volkovitch.com/F02_26.htm">Ce qu&#8217;en dit</a> son traducteur. Recommend, recommend, et re-recommend.</p>
<blockquote></blockquote>
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		<title>Fulgurances rochelaises</title>
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		<pubDate>Thu, 13 Aug 2009 10:38:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>infundibuliforme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Konfitüre]]></category>
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		<description><![CDATA[&#8220;Je veux rester dans sa ville. Le vendredi je cours à la campagne. Je voyage en camion. J&#8217;y pense. Les cahots m&#8217;émeuvent aussi. J&#8217;arrive et je profite du crépuscule. Pendant que je fais mes courses dans les fermes, je rumine le crépuscule et l&#8217;événement. C&#8217;est le règne du bouton d&#8217;or et de l&#8217;herbe svelte. La [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=infundibuliforme.wordpress.com&blog=4447122&post=523&subd=infundibuliforme&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><blockquote><p>&#8220;Je veux rester dans sa ville. Le vendredi je cours à la campagne. Je voyage en camion. J&#8217;y pense. Les cahots m&#8217;émeuvent aussi. J&#8217;arrive et je profite du crépuscule. Pendant que je fais mes courses dans les fermes, je rumine le crépuscule et l&#8217;événement. C&#8217;est le règne du bouton d&#8217;or et de l&#8217;herbe svelte. La terre pisse du vert. Les sentiers en sont inondés. Il y a des litières odorantes qui se perdent. Les grands herbages ne sont que penchants pour de savoureux délassements. Les troupeaux se reposent. Ils sont allongés et ils se baignent dans les fleurs. Une touffe de trèfle égarée a fait sa goutte de sang caillé contre une haie. [...]</p>
<p>A la campagne, je n&#8217;ouvre plus ma fenêtre et la nuit ne vient plus à mon chevet. J&#8217;entends encore le chat-huant qui chahute le silence. Je fends une chaleur recluse. Je me couche dans un lit défait. Avec leurs dents, les souris ont découpé des fanfreluches dans le drap du dessous. J&#8217;écrase des bêtes vert amande. Deux souris s&#8217;abritaient à la place de mes pieds. C&#8217;est un lit fréquenté.&#8221; pp.8-9</p>
<p>&#8220;J&#8217;ai vu des abat-jour invendables. On les avait alignés sur le rayon d&#8217;une arrière-boutique. On ne les avait pas serrés les uns contre les autres. Leur laideur ne se froissait pas. Mon visage est un abat-jour invendable, mais je n&#8217;ai pas d&#8217;arrière-boutique pour le dissimuler&#8230;&#8221; p.15</p>
<p>&#8220;Paris avait sorti tous ses gris. A dix heures du soir, on lance les rues jusqu&#8217;au ciel. Il y a des marronniers vert bouteille. Le mystère s&#8217;affaire dans ces ruches de feuillages. Une carcasse d&#8217;hôpital inachevé est au niveau des temples grecs. Un crépuscule d&#8217;un bleu très mûr est en suspens autour des arbres.</p>
<p>On fane au mois de mai. On décapite déjà l&#8217;été. Nuit et jour, je suis éblouie. Il y a des nappes de marguerites sur les prés. Le soir je lève la tête et je les retrouve au ciel.&#8221; pp.15-16</p>
<p>&#8220;Le ciel est ému. Le vent est tombé. Les arbres attendent des ordres. Il y a un scintillant ménage dans le prunier. Le vol des oiseaux est sobre. Ceux qui se meublent dans la nochère du vieillard chez qui je loge tapent du bec avec hardiesse. Le bruit est affable. On a donné de grands coups de pinceau au ciel. Il y a des escadrilles de panaches frisottés. Les &#8220;pleureuses&#8221; qui couronnaient les chapeaux de ma mère leur ressemblaient. Il y a des sirènes décapitées. Il y a un fabuleux cornet. Il est plein de clartés rêveuses. Il y a aussi l&#8217;Afrique avec le Cap qui tourne à gauche. Il y a des écharpes en flocons. Parfois tout se contracte comme une fleur sous-marine. Il y a un continent bleu, des bancs de lumière, d&#8217;autres bancs d&#8217;un bleu plus usé. Tous les bleus déteignent sur les contreforts de verdures. Ce gala de nuances abat ma plume. C&#8217;est le soleil couchant.&#8221; p.19</p>
<p>Violette Leduc, in <em>L&#8217;Affamée</em></p></blockquote>
<p>L&#8217;impression qu&#8217;on pourrait continuer indéfiniment. Une Saint-Genêt dans une jaquette d&#8217;hiver. Celle qui se consume. De dilection. Pour le Castor. Trente pages plus tard, la lettre de Simone a été dévoré par les loups. <em>Presto</em>. Bruisse. Rémanence d&#8217;un triste cahot. Le sel marin érode les ridules. Hunger. Quelques jours. Quelques jours encore.</p>
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		<title>Ex et gèse</title>
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		<pubDate>Sun, 26 Apr 2009 21:41:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>infundibuliforme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[En relisant des passages d&#8217;Il tombe de D. Pemerle, me dis qu&#8217;il manque un deux points à ce titre. Pour signifier son inhumation. Un tertre de sujet. Une mise en bière de &#8220;viande crue&#8221; : il : tombe.
Non ?
A charge de. Accents à discrétion.
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			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p>En relisant des passages d&#8217;<em>Il tombe</em> de D. Pemerle, me dis qu&#8217;il manque un deux points à ce titre. Pour signifier son inhumation. Un tertre de sujet. Une mise en bière de &#8220;viande crue&#8221; : il : tombe.</p>
<p>Non ?</p>
<p>A charge de. Accents à discrétion.</p>
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		<title>La fille du RER</title>
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		<pubDate>Sat, 28 Mar 2009 12:36:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>infundibuliforme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Camera obscura]]></category>
		<category><![CDATA[rer]]></category>
		<category><![CDATA[téchiné]]></category>

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		<description><![CDATA[Hier. Gobelins. 15h10. André Téchiné. Emilie Dequenne, Catherine Deneuve, Michel Blanc. Ce jour. Téoz. Direction Never(s). D&#8217;un train l&#8217;autre. La fille ne sait pas pourquoi elle a fait ça. Jeanne a menti et Téchiné a bâti son histoire en deux temps &#8211; Les Circonstances/Les Conséquences &#8211; sur cette fable prime. Le RER sature la moelle [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=infundibuliforme.wordpress.com&blog=4447122&post=516&subd=infundibuliforme&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><p style="margin-bottom:0;">Hier. Gobelins. 15h10. André Téchiné. Emilie Dequenne, Catherine Deneuve, Michel Blanc. Ce jour. Téoz. Direction Never(s). D&#8217;un train l&#8217;autre. La fille ne sait pas pourquoi elle a fait ça. Jeanne a menti et Téchiné a bâti son histoire en deux temps &#8211; Les Circonstances/Les Conséquences &#8211; sur cette fable prime. Le RER sature la moelle de l&#8217;image, la corrode. Toujours cette carcasse bringuebalante en hors-champ. J. m&#8217;accompagnait. Lui non plus ne fut pas touché. « Une belle lumière » dit-il. Oui, la lumière d&#8217;été est aussi belle dans le RER E à Roissy-Bois-Perrier que dans la dispendieuse maison de campagne de l&#8217;avocat. Les acteurs aussi ont une belle lumière : Deneuve en est presque touchante en veuve digne d&#8217;un officier mort en mission, qui garde des enfants dans son pavillon de banlieue. « J&#8217;habite en banlieue, je t&#8217;expliquerai ». Étrange : y a-t-il à se justifier d&#8217;y vivre ? Mais non, ça ne passe pas. Le papier peint est trop fleuri. Il y a une trop forte dichotomie entre l&#8217;hôtel particulier ultramoderne de l&#8217;avocat-Michel Blanc et la maison avec piscine de Deneuve. La plus belle image sans doute, après cette jeune femme en roller qui sort du tunnel pour entrevoir l&#8217;île Saint-Louis exsudante, c&#8217;est encore cette maison près du lac, ce pont brisé sur le lac, aux adultes interdits, cet enfant et Jeanne, dans une cabane attendant la fin de l&#8217;orage. Un côté <em>Grand Meaulnes </em>à tout le moins. Là encore, deux passages : lui, sa Bar Mitzvah, elle, l&#8217;aveu. C&#8217;est cette invention de l&#8217;un par l&#8217;autre qui « transcende » le film. On en sort dérangé, dérangé étrangement par ce mensonge qui n&#8217;aura servi à rien. La même dichotomie s&#8217;empare du spectateur : suis-je touché par la détresse de cette jeune femme en confondant absolument son besoin de mentir à son envie de (se) fuir sa vie ou alors mon sentiment peut-il se mesurer à l&#8217;aune du potentiel lacrymal d&#8217;un <em>Ça se discute </em>? Dois-je m&#8217;empresser d&#8217;en rire de peur d&#8217;en pleurer ? En faisant la bête, elle aura tutoyé l&#8217;ange. Une musique douce-amère, ignorante. Une machine infernale. Une banalité affligeante qui prend le monde pour oreille. Comme pour <em>Les Témoins</em>, A.T. rédige une dissertation. Action-réaction. Causes-conséquences. Cependant, là où c&#8217;était Emmanuelle Béart qui apposait sa voix rapide, comme éreintée de dire, à l&#8217;image, ici, la voix off est le soleil. Un soleil versicolore, omnipotent, affabulateur. Une réflexion en/ de l&#8217;abyme sur le pouvoir des fables. Un mentir-vrai qui se regarde.</p>
<p style="margin-bottom:0;">
Posted in Camera obscura Tagged: rer, téchiné <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/infundibuliforme.wordpress.com/516/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/infundibuliforme.wordpress.com/516/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/infundibuliforme.wordpress.com/516/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/infundibuliforme.wordpress.com/516/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/infundibuliforme.wordpress.com/516/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/infundibuliforme.wordpress.com/516/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/infundibuliforme.wordpress.com/516/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/infundibuliforme.wordpress.com/516/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/infundibuliforme.wordpress.com/516/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/infundibuliforme.wordpress.com/516/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=infundibuliforme.wordpress.com&blog=4447122&post=516&subd=infundibuliforme&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
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		<title>En berne</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Mar 2009 17:33:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>infundibuliforme</dc:creator>
				<category><![CDATA[Diabolus in musica]]></category>
		<category><![CDATA[bashung]]></category>
		<category><![CDATA[fontaine]]></category>

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		<description><![CDATA[Avec son profil étroitement aquilin ourlé par on ne sait quel maître de cathédrale, ses yeux sourcilleux, sa dégaine de singe, il a l&#8217;air d&#8217;un vieux loup de banlieue, de Quasimodo, d&#8217;une Ford Mustang rapide et un peu déglinguée. Déglinguée aussi, chaotique dans l&#8217;air qui lui appartient, sa voix unique, qui se balance dangereusement mais [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=infundibuliforme.wordpress.com&blog=4447122&post=510&subd=infundibuliforme&ref=&feed=1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class='snap_preview'><br /><blockquote><p><em>Avec son profil étroitement aquilin ourlé par on ne sait quel maître de cathédrale, ses yeux sourcilleux, sa dégaine de singe, il a l&#8217;air d&#8217;un vieux loup de banlieue, de Quasimodo, d&#8217;une Ford Mustang rapide et un peu déglinguée. Déglinguée aussi, chaotique dans l&#8217;air qui lui appartient, sa voix unique, qui se balance dangereusement mais retrouve toujours son équilibre. C&#8217;est un drôle d&#8217;homme, fêtard et un peu fou, dont le regard s&#8217;éclaire souvent tendrement. Sa musique est catégoriquement insaisissable et par conséquent inimitable. Imaginez la pauvre reine de Kékéland bourlinguer dans ce chaos, sans répétition, avec ce baltringue qui crie de plaisir entre les prises, qui fait attendre un taxi pendant quatre heures et demie pour un simple anniversaire alors qu&#8217;il habite au bout de la rue, qui enlève sans façons la meilleure amie de la soirée à la finale, après avoir vidé tout le champagne, et qui après la séance et son euphorie de cyclothymique, ne donne plus jamais de nouvelles. Il paraît qu&#8217;il est devenu Bibendum. Tant pis pour lui.</em> Brigitte Fontaine, &#8220;Alain Bashung&#8221; in<em> Galerie d&#8217;art à Kékéland</em>, Flammarion, 2002. p.63</p></blockquote>
Posted in Diabolus in musica Tagged: bashung, fontaine <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/infundibuliforme.wordpress.com/510/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/infundibuliforme.wordpress.com/510/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/infundibuliforme.wordpress.com/510/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/infundibuliforme.wordpress.com/510/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/infundibuliforme.wordpress.com/510/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/infundibuliforme.wordpress.com/510/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/infundibuliforme.wordpress.com/510/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/infundibuliforme.wordpress.com/510/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/infundibuliforme.wordpress.com/510/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/infundibuliforme.wordpress.com/510/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=infundibuliforme.wordpress.com&blog=4447122&post=510&subd=infundibuliforme&ref=&feed=1" /></div>]]></content:encoded>
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