L’endormi se ment

3 10 2008

Hier, sous le coup répété de soirs sans dormir vraiment, mes yeux se sont fermés au beau milieu des Enchaînés de Hitchock. Le temps tout de même de noter l’adaptation très libre du titre original : Notorious. L’irai revoir. Pour ne pas. Oui. Livres achetés pour les cours à la fac. Pride and Prejudice d’Austen, The Book of Genesis dans The authorized version of King James, The Adventures of Huckleberry Finn, Le retour de Bernard Schlink, The House of Mirth d’Edith Wharton, Middlesex d’Eugenides et White Teeth de Zaddie Smith. Ce me plairait petitement de devoir troquer ma version de King Lear contre celle d’Arden, surtout pour une question de pagination. Nous verrons. Mais le texte choisi semble le même. Trouvé également The complete illustrated works of Lewis Carroll. Ne pouvais décemment ne pas. Lecture géniale : Dans le musée de Reims de Daniele del Giudice, un de mes TD. Dirai tout. Le soir, pris le 89, rempli une enquête sur le transport, assisté à un Jeudi de l’OuLiPo, dont le thème était En pleines formes, à la BNF, vu A., des amis d’A., qu’elle ne connaissait pas encore, sa cothurne exceptée, repris le 89, descendu devant la Mosquée, relu del Giudice, et tenté de comprendre un exercice d’optique de TD de PCSI à 00:43 heure locale. Item, pense avoir trouvé grâce au dit exercice une règle, à tout le moins un rapport entre le nombre de réflexions et l’angle d’incidence des deux miroirs plans. Etrange que pour cinq réflexions soumises à un angle d’incidence α, on retombe à un moment donné sur 5α. Cette beauté pythagoricienne du chiffre me terrifie. Sans doute n’est-ce en rien étrange mais enfin la nuit a ceci de beau qu’elle fait se gonfler l’ombre de nos mérites sans jamais nous le signifier. Nous sommes les fils du phénix egarés dans la série X.





Prendre langue

29 09 2008

François d’Assise. – Je ne savais pas que vous peigniez aussi des cercueils.

Vincent. – Pas seulement des cercueils, même les décors de théâtre. En préparant le cercueil, on s’est rendu compte qu’on sait peindre les décors aussi. Et nous peindrons les rêves des pierres, les fantaisies de l’eau, les flèches de la larme, les baleines d’émeraude et les genoux de sable de l’été. Fernando Arrabal in Cérémonie pour un Noir assassiné

Premier cours – TD : Le roman de l’écrivain – mise en abyme en perspective – cavalière – topo à tout berzingue sur l’histoire de la littérature comparée – un record dira Madame B. – elle a un Ipod Nano et parle de vache qui rit pour expliqué la spécularité – c’est une belle femme qui enseigne depuis une dizaine d’années à la fac – le chignon parfait le port altier de très belles jambes et des “a” ouverts – elle évoque l’Oulipo – nous dit être spécialiste de théorie littéraire et de littérature italienne contemporaine et diriger des masters – le TD porte sur Les Faux-Monnayeurs de Gide et Si par une nuit d’hiver un voyageur de Calvino que ma corse de professeur de lettres en hypokhâgne – l’indicible Cécilia S. – ne parvenait pas à prononcer autrement qu’Italo Calvin’ – tout comme Umberto Eco qu’elle réduisait à un petit Umbertek – elle prononce le titre original avec un bel accent italien – s+7 – nous parle de la gidouille de Jarry – du work in progress joycien – de la volonté de fustiger le donquichottisme de ses lecteur et faire l’apologie d’une lecture immédiate, presque naïve – ne sommes que deux personnes à zizi entourés d’une flopée de jeunes femmes – nous parle des tutorats dispensés par des étudiants agrégés-normaliens-thésards à Paris III – êtres hybrides facilement reconnaissables – elle aussi s’est portée volontaire pour le tutorat – “étant donné le tarif horaire, ce n’est pas l’intérêt économique qui nous meut dans ces cas-là” – nous parle du roman total – des dix incipits de Calvino – des boîtes gigognes de Gide – la fois prochaine j’apporterai un ordinateur – la prise de notes fait enfler mon durillon de mal-écrivant – deux personnes partent au bout d’une heure – L1 perdus parmi des L3 – une autre part au bout de vingt minutes s’étant rendu compte que non ce n’était pas le cours sur l’épopée dans le roman – à trouver : Le récit spéculaire de Dallenbach qui sera notre go-between – impératifs : revoir la façon dont on compose un bon commentaire composé – trouver La tentative amoureuse de Gide, Le Journal des Faux-Monnayeurs et Comment j’ai écrit un de mes livres de Calvino – le cours durant une image me taraudait : celle tirée d’une indication scénique propre au Jardin des délices d’Arrabal : Un personnage de Bruegel traverse la scène de droite à gauche. L’une de ses jambes, pliée à angle droit, est serrée comme dans un étau par une étrange gouttière. Il tire une barque munie de roues : sur la barque pousse un arbre sans feuilles ni fleurs, mais sur ces branches nues s’est posé un oiseau noir figé dans une immobilité absolue. Un cadenas traverse son bec. Un cadenas.

P.-S. : En cherchant cet invalide claudicant que je n’ai pas encore trouvé, suis tombé sur un hommage d’Uderzo au Repas de Noces paysannes de Bruegel l’Ancien dans Astérix chez les Belges, p.47 – le fameux banquet final – il y était fait allusion dans l’album consacré à Astérix et son entour – de cela, je suis presque sûr. Etagères !








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