Acte manqué

10 08 2008

Août fleurit après tous les arbres, une fois que tous ont leurs fleurs, en une nuit. Comment se tenir au faîte de ce mois, connaître durant une seconde ce vertige d’août avant septembre ? Bois, plaines mûres, falaises chauffées, se tenaient immobiles dans une stupeur surnaturelle au sein de laquelle s’élaboraient le septembre et l’octobre. L’odeur des fossés des Bugues était celle d’une pourriture, celle d’août, qui en elle porte toutes les odeurs des mois.

Je n’étais personne. Je n’avais ni nom ni visage. En traversant l’août, j’étais : rien. Mes pas ne faisaient aucun bruit, rien n’entendait que j’étais là, je ne dérangeais rien. Au bas des ravines coassaient les grenouilles vivantes, instruites des choses d’août, des choses de mort. M.D. in La Vie tranquille (Folio, pp. 70/1).

J’aurais aimé visionner à la Filmothèque Les Mistons, un court-métrage de 23′ de Truffaut. Malheureusement, il servait d’avant-voir aux Quatre cent coups. J’attendrai d’être plus d’un pour y retourner. Les livres s’empilent, s’arc-boutent, s’escarrent rue Censier. Fermés, des rocs. Mon royaume pour une planche. Des étagères viendront, qui les discplineront. De cela je suis sûr. La voisine du dessous a architecturé ses fenêtres comme des mâchicoulis : le bonsaï semble pour l’instant n’en pâtir pas. Il me faut trouver des livres des éditions Désordres. Demain, Gibert et les plaisirs et les jours nouveaux du rayon papeterie. Une épopée sans ratures, à tout le moins. J’en gommerai le superflu.

N. arrive.